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Le roman gabonais des origines à nos jours (2005 )

Par Jean Léonard Nguema Ondo,enseignant à l’Ecole Normale Supérieure et à l'Université Omar Bongo de Libreville .




Né en 1971, avec la publication d'"Histoire d'un enfant trouvé" de Robert Zotoumbat, le roman gabonais s'enracine, au départ, dans les traditions africaines. Son horizon se limite à une simple peinture de la réalité sociale, malgré la tentative de modification de l’écriture et de la thématique avec Au bout du silence (1985). Il faut attendre 1990, année de la conférence nationale et du retour au multipartisme politique, pour voir ce roman, aborder la satire des nouveaux maîtres, omniprésente dans les autres littératures africaines depuis 1968 (Devoir de violence du Malien Yambo Ouologuem et les soleils des indépendances de l'Ivoirien Ahmadou Kourouma). A partir de 1992, avec la publication de Parole de vivant ( 1992 ) d’Auguste Moussirou Mouyama, Le jeune officier (1998) de Georges Bouchard et 53 cm (1999) de Bessora, ce roman va s’engager dans la voie du renouvellement de son écriture. Cette modification stylistique et même thématique se confirmera davantage au début des années 2000 avec la parution de Tous les chemins mènent à l’autre (2001) de Janis Otsiémi, Sidonie(2001) de Chantal Magalie Mbazoo Kassa, Taches d’encre (2001), Deux bébés et l’addition(2002) et Pétroleum(2004) de Bessora, La fille du Komo (2004) et Malédiction (2005) de Sylvie Ntsame.
Mots-clés : Littérature, Roman, Gabon, conférence nationale, absurde, fiction autobiographique, satire politique.



Genre majeur de la littérature gabonaise, de par le nombre de ses publications, le roman n’a pas encore fait l’objet d’une étude critique globale. Les quelques analyses réalisées sont, soit des études sur une seule œuvre romanesque , soit des articles de revues . Un dernier ouvrage mérite d’être signalé, il s’agit de La magie dans le roman africain de Xavier Garnier, qui consacre une dizaine de pages au roman gabonais. Seulement, les analyses du chercheur de l’Université de Paris XIII se limitent uniquement au thème de la sorcellerie, et à un seul roman gabonais : La mouche et la glu de Maurice Okoumba Nkoghé. Comme on le constate ici, le roman gabonais n’a pas suffisamment bénéficié de commentaires critiques dont sont communément entourés ses homologues d’Afrique francophone. Pourtant, depuis les années 80, jusqu’aujourd’hui (2005), ce roman a réussi à asseoir progressivement sa place toujours plus significative au sein de l’espace littéraire africain subsaharien. Comment en est-on arrivé là ? Autrement dit, comment ce roman a t-il évolué depuis ses origines (1971) jusqu’à nos jours (2005), aux niveaux de sa thématique et de son écriture ?


Ainsi, pour des raisons de clarté, de progression et de précision, nous avons opté pour une approche critique et historique. Il s’agit, pour nous, de procéder au découpage périodique de ce roman de 1971 à 2005. La première période du roman gabonais, à notre sens, s’amorce en 1971 et s’achève en 1989. Les romans publiés au cours de ces années, à la différence de ceux parus dans les autres pays africains à la même période, ne s’inscrivent pas dans la rupture thématique et stylistique créée par les romans Devoir de violence de Yambo Ouologuem et Les soleils des indépendances d’Ahmadou Kourouma. Quant à la deuxième période, elle commence en 1990, et semble avoir été déclenchée par la conférence nationale dont la principale décision a été l’ouverture démocratique dans le pays, marquée par le retour au multipartisme politique.


I - Le roman gabonais de 1971 à 1980


Sans explication, un tel découpage a de quoi surprendre. Pourquoi 1971 et 1989 ? Parce que le premier roman gabonais paraît en 1971. En outre, 1989 est l'année du démantèlement du Mur de Berlin, qui fait souffler le vent des libertés, à l’origine des conférences nationales africaines. La conférence nationale du Gabon, particulièrement, marque un tournant dans la thématique romanesque gabonaise, en bouclant l’étape des romans de dénonciation sociale pour laisser la place aux romans de la satire politique. Une approche historique de cette première période nous conduira tour à tour à parler de Robert Zotoumbat, le précurseur du roman gabonais et de ses successeurs de la génération des années 80.


I1 - Le Précurseur du roman gabonais : Robert Zotoumbat


En 1971, avant qu’apparaissent les noms des romanciers aujourd’hui célèbres, d’Angèle Rawiri, Maurice Okoumba Nkoghé et Laurent Owondo, Robert Zotoumbat, jeune professeur d’anglais dans l’enseignement privé protestant, ouvre la voie de l’écriture romanesque gabonaise avec la publication aux éditions camerounaises Clé, de Histoire d’un enfant trouvé. Ce livre qui marque la naissance du roman gabonais témoigne de la sensibilité d’une époque, qu’il s’agisse de vanter les mérites de la colonisation, d’évoquer les vertus traditionnelles et la vie africaine ou d’amorcer une dénonciation de la méchanceté de la marâtre. C’est l’histoire de Ngoye, orphelin adopté, confronté à une méchante marâtre. Cependant, l’appartenance de ce texte au genre romanesque est, à tort ou à raison, contestée par une certaine critique gabonaise.
Au cours d’une conférence donnée à l’Université Omar Bongo de Libreville, à l’occasion des journées portes ouvertes des Lettres modernes, le 3 mai 1990, Nicolas Mba Zuè affirme qu’Histoire d’un enfant trouvé peut être « difficilement classé dans le genre romanesque ». Et dans notre thèse soutenue en Sorbonne en septembre 2002, intitulée L’influence de l’initiation traditionnelle dans le roman gabonais, nous soutenons que ce texte de Robert Zotoumbat n’est pas un roman. En effet, ses techniques narratives, son volume, sa thématique, son écriture et ses personnages renvoient plutôt à un conte. Par ailleurs, dans un article un article fort intéressant de Ludovic Emane Obiang intitulé ²Voyage au bout du silence², on peut lire que ce récit « hésite entre la nouvelle et le conte. Par son volume certes (58 pages), mais surtout par la présence des composantes habituelles du récit court. Le personnage de l'orphelin en bute à sa méchante marâtre. La structure en miroir qui oppose le héros et son mauvais double dans une évolution aux finalités inverses. Le narrateur-narrataire et l’encastrement de l’histoire principale» . Et le chercheur de conclure que, malgré ses faiblesses, histoire d’un enfant trouvé est le premier texte gabonais qui se rapproche du roman.

Avec donc Histoire d’un enfant trouvé donc, Robert Zotoumbat semble avoir ouvert la voie au réalisme romanesque inséré dans le terroir gabonais, spécialement rural. Il explore en profondeur l’âme paysanne et se préoccupe avant tout du village, tout en se tenant éloigné de la politique. Ecrit dans une prose « classique », Histoire d’un enfant trouvé évoque le Gabon de « brousse » en face de lui-même, comme le feront si bien les romanciers des années 80.

Un fait à signaler toutefois, après son premier roman, Robert Zotoumbat n’a plus rien publié. Ce silence est encore d’actualité aujourd’hui, sera-t-il définitif ? Un deuxième fait, c’est qu’il a fallu attendre l’année 1980 pour voir (enfin !) la parution d’un deuxième roman gabonais qui annonce une génération de romanciers plus féconds.


I2 - La génération des années 80

Après "Histoire d’un enfant trouvé", il a fallu attendre les années 80, pour voir le rythme de publication romanesque s’accélérer avec une éclosion abondante de nouveaux romanciers, tous peintres de la réalité quotidienne. Ils prennent même de l’avance sur les poètes et les dramaturges. Angèle Rawiri, première femme des lettres gabonaises, publie trois romans, Elonga en 1980, G’Amérakano en 1986 et Fureurs et cris de femmes en 1989. Dans sa trilogie romanesque, elle accorde une place de choix au statut de la femme, comme le confirme la thèse de Chantal Magalie Mbazoo, intitulée La femme et ses images dans le roman gabonais, soutenue en 1999 à l’Université de Cergy-Pontoise. Par la suite, Maurice Okoumba Nkoghé lui emboîte le pas avec la publication de Siana en 1982, de La mouche et la glu en 1984 et de Adia en 1985. Séraphin Ndaot fait paraître Le procès d’un prix Nobel (1983), puis Le dissident.(1986). Laurent Owondo offre aux lecteurs Au bout du silence en 1985, merveilleux roman vite récompensé, la même année, du prestigieux prix Senghor. Dans ce roman, le lecteur est vite frappé par la place déterminante qu’occupe l'onomastique myéné, ethnie de l'auteur, dans le processus de génération du système signifiant organisé par le romancier. En réalité, chez Laurent Owondo, l'onomastique permet d'appréhender le sens de son roman, dans la mesure où, comme le précise Roland Barthes dans Les nouveaux essais critiques, " le nom propre s'offre à une exploration, à un déchiffrement … c'est un signe volumineux, un signe toujours gros, d'une épaisseur touffue de sens…" ( Seuils, 1953, page 125 ). En 1985, paraît également Biboubouah de Ferdinand Allogho Oké. Tous ces écrivains, fidèles témoins de la société de leur époque, s’affirment dans l’exploration en profondeur de leur milieu socioculturel. Ils refusent d’aborder, à l’image de leurs confrères des autres pays d’Afrique francophone comme Williams Sassine, Henry Lopez, Alioum Fantouré,…les problèmes politiques de leur pays, survenus après les indépendances. Leur dénonciation se limite à la situation sociale du pays; d’où l’omniprésence des thèmes comme la famine, la justice traditionnelle et les bienfaits de l’école coloniale chez Robert Zotoumbat, le tribalisme, la prostitution, les pratiques superstitieuses et la sorcellerie chez Angèle Rawiri, le conflit tradition /modernisme, la misère de l’enfance et le chômage chez Maurice Okoumba Nkoghé, la contestation de la colonisation à travers le portrait de ses principaux représentants chez Séraphin Ndaot, le mythe et l’initiation traditionnelle chez Laurent Owondo et les veillées du soir chez Ferdinand Allogho Oké. Didier Taba Odounga a, comme l’écrit Papa Samba Diop, dans la revue Notre Librairie, numéro 155-156 ( juillet-décembre 2004, page 97), analysé « cette imbrication du romanesque dans le social ». En effet, dans sa thèse intitulée La représentation des conflits sociaux dans le roman gabonais, des origines à nos jours, soutenue en Sorbonne en 2003, le jeune enseignant présente le roman gabonais comme un espace textuel où les auteurs mettent en discours littéraire, l’histoire sociopolitique du Gabon.

Pourquoi donc cette prose réaliste? Probablement parce qu’elle raconte et décrit de façon concrète la manière dont vivent les gabonais. En fait, le style réaliste donne aux romans une valeur documentaire et autobiographique. Les romans gabonais relatent de ce fait les expériences personnelles de leurs auteurs. En gros, il y a dans la production littéraire gabonaise un étonnant pourcentage d’autobiographie plus ou moins romancé. Robert Zotoumbat, Angèle Rawiri, Laurent Owondo, Ferdinand Allogho Oké,… intègrent dans leurs livres des parts entières de leur existence ou de celle des personnes qui leur sont proches. Le grand-père de Laurent Owondo était bel et bien le chef suprême du groupe des Mpongwè. Il était initié au sacré, comme Rèdiwa, un des principaux personnages d’Au bout du silence. L’enfance de Robert Zotoumbat présente beaucoup de similitudes avec celle de Ngoye, personnage central d’Histoire d’un enfant trouvé, ce qui a fait écrire à son éditeur, sur la quatrième de couverture, que ce roman est autobiographique. Ferdinand Allogho Oké assure que tous les détails de Biboubouah sont exacts. Séraphin Ndaot est parti des personnages ayant vécu ( Albert Scheiwtzer et Savorgnan de Brazza ) pour écrire Le procès d’un Prix Nobel et Le dissident. Le père de Maurice Okoumba Nkoghé était vraiment un instituteur originaire du nord du Gabon. Et l’histoire relaté dans Siana ressemble fort bien à celle vécue par l’auteur dans son enfance.

Il y a donc sur le romancier gabonais des années 80, une véritable pression morale qui l’oblige au témoignage, à l’engagement social, à la lutte pour la libération de la femme et de l’homme gabonais par rapport aux forces négatives comme la sorcellerie, le tribalisme et certains comportements rétrogrades des tenants de la tradition. Les romanciers gabonais refusent donc de se réfugier dans la vision idéaliste de la Négritude. Ils préfèrent la vérité du témoignage sincère au prestige de « l’image de marque » africaine qui était un peu le mot d’ordre de leurs aînés africains francophones. En même temps, la satire politique, thème de prédilection des romanciers africains de l’époque, est aussi absente dans leurs romans.
Qu’est-ce qui a pu motiver ce refus des romanciers gabonais d’aborder la contestation politique à l’image de leurs confrères de l’Afrique francophone? Et pourtant, au cours de ces deux décennies (de 1970 à 1990), le Gabon vit les mêmes réalités politiques et économiques que les autres pays africains. C’est vrai que de 1970 à 1985, l’économie gabonaise se caractérise par une croissance due au boom pétrolier des années 70. Cependant, cette période de pain blanc sera suivie, dès 1986, par une crise économique liée à la baisse du prix de pétrole en baril et en dollar américain. C’est aussi vrai que ce pays n’a pas été dirigé par un dictateur à l’image d’un Bokassa, d’un Maçias Nguéma ou d’un Edi Amin Dada. Il n’a pas non plus connu une guerre civile ou frontalière. Cependant, comme dans les autres pays africains, c’est l’époque du parti unique avec son cortège de maux qui se résument par les détournements des richesses au profit de hauts fonctionnaires, les répressions politiques,…Dans un texte intitulé La tentation de l’histoire et les détours du langage, paru dans les annales de l’Université Omar Bongo en 1992, Auguste Moussirou Mouyama montre bien comment les auteurs gabonais décrivent leur société tout en essayant de préserver leur intégrité morale et physique par rapport au pouvoir.

Le plan économique est marqué par les appels à l’aide internationale pour renflouer le budget en faillite. Certains "voleurs autorisés", les hauts fonctionnaires, placent leurs milliards en Suisse ou achètent des maisons dans les arrondissements chics de Paris et d’ailleurs. Les sociétés internationales profitent de la gabegie qui règne en exploitant sauvagement le pays.

Comment assainir l’économie dans de telles conditions?
Comment atteindre l’autosuffisance alimentaire ?
Comment payer les salaires des fonctionnaires ?
C’est pour répondre à toutes ces préoccupations que le FMI et la Banque Mondiale, appelés au secours, vont imposer des ajustements structurels. Et, la bouche de celui qui a tété n’oubliant jamais la saveur du lait, les ceintures des riches se desserrent au moment où les basses classes sont invitées à serrer les leurs. C’est donc la période des vaches maigres. Cette période verra la publication des romans qui donnent une représentation exacte, complète et éclairante de la réalité sociale gabonaise, telle que perçue par les romanciers.


De la situation politique, il n’en est presque pas question. Sauf, dans la mouche et la glu avec ce portrait antipathique de Mpoyo, représentant du pouvoir. Ce roman peint d’ailleurs avec courage et sincérité l’univers répressif et carcéral qui conduit ses victimes à la mort. Le lecteur du même roman est frappé par le cortège militaire qui écrase et tue le petit Opaga comme un chien errant, sans daigner s’arrêter. Toutefois, la dénonciation politique , dans ce roman, est placée au second plan en faveur du conflit entre tenants de la tradition et tenants du modernisme.

Malgré cette tentative, les œuvres romanesques gabonaises publiées dans les années 80 ne s’inscrivent pas dans la révolution thématique et stylistique africaine dont les précurseurs sont Yambo Ouologuem avec Le Devoir de violence ( 1968 ) et Ahmadou Kourouma avec Les soleils des indépendances (1970). Les deux romans montrent que « les nouveaux maîtres » issus des indépendances africaines sont eux-mêmes à l’origine des malheurs du monde noir. Ce renouveau de l’écriture et de la thématique romanesques sera quasi absent dans le roman gabonais de cette époque. Il a fallu à ce roman, attendre la conférence nationale de 1990 pour ( enfin ! ) s’aligner sur cette modification thématique et stylistique africaine déjà tentée par Au bout du silence de Laurent Owondo en 1985.


II - La génération de la conférence nationale de 1990…et après .


Pourquoi 1990 ? Cette date qui évoque la conférence nationale, est très significative dans notre choix. En effet, la principale décision de la conférence nationale gabonaise a été le retour du multipartisme politique après 22 ans de parti unique. La même année est marquée sur le plan littéraire par la publication d’un roman, La fin du mythe, du journaliste de L’union, Junior Otembe Nguéma. C’est en fait la parution de ce livre qui marque une rupture dans la thématique abordée. Ce roman a fait le même effet dans la littérature gabonaise que les romans Le devoir de violence et Les soleils des indépendances dans la littérature africaine francophone. Il paraît après la conférence nationale du Gabon, tout comme ceux deux romans africains qui sont publiés dans les années 60 marquées par les indépendances des pays de l’Afrique francophone. Les romans parus après la conférence nationale, tous réalistes comme ceux de la première génération, vont s’engager sur deux pistes : la dénonciation politique et l’absurde.


II1 - Les années 90

La conférence nationale de 1990 va bouleverser non seulement les traditions politiques mais aussi les habitudes littéraires. Les romanciers vont passer de la dénonciation sociale à la satire politique. Dès 1990, le roman gabonais amorce une littérature de « désenchantement » . Logiquement, les romanciers gabonais animés par les mêmes rêves à la suite de la conférence nationale, ont vite réagi en répercutant dans leurs œuvres la folie des politiciens autochtones, les aberrations et contradictions des mœurs de la nouvelle bourgeoisie, les désillusions et les difficultés du peuple dont la situation s'aggravait au lieu de devenir meilleure. Lorsque apparaissent par exemple Le bourbier d’Armel Nguimbi Bissielo, Parole de vivant d’Auguste Moussirou Mouyama, La courbe du soleil de Maurice Okoumba Nkoghé, Un seul tournant Makosu de Justine Mintsa et Les matitis : mes pauvres univers en contre-plaqué, en planche et en tôle…de Hubert Freddy Ndong Mbeng..., nous constatons que les romanciers gabonais ont entrepris de dresser à des degrés divers, dans leurs ouvrages, un réquisitoire sévère à l’encontre des mœurs politiques de l’Afrique contemporaine : corruption, pillage, incurie des dirigeants y sont dévoilés sans détour. Les problèmes qui touchent la vie de la cité y occupent une place importante. Et pourtant, les romanciers de cette génération qui, souvent, affirment ne pas s’attaquer au principe du pouvoir politique, n’en instruisent pas moins un sévère réquisitoire contre les abus et l’incompétence qu’il autorise. Ces romans ont, en fait, une portée métaphysique que l’on évalue au malaise profond qu’ils peignent. Ils poussent non seulement à une interrogation sur l’actuelle situation politico-sociale gabonaise, ou sur l’aventure ambiguë des peuples du Gabon, mais aussi et surtout sur l’homme tout court, l’humanité et son degré de détérioration.

L’un des buts essentiels de ces romanciers et des personnages d’intellectuels qu’ils mettent en scène est clair : instruire le procès des pouvoirs africains enfermés dans la pensée unique. Ainsi, à la justice objective, à l’hospitalité africaine et à l’humanité de la colonisation, exaltées par Robert Zotoumbat dans Histoire d’un enfant trouvé, Auguste Moussirou Mouyama oppose, dans Parole de vivant, avec une rare verve iconoclaste un pays barbare, siège d’un pouvoir oppressif et despotique, une justice inhumaine et arbitraire, une colonisation sauvage et un pouvoir dictatorial. En effet, ce roman relate la maturation spirituelle d’Ytsia-Moon, un jeune orphelin écartelé entre la tradition et le modernisme. Au fil du texte, il va constater progressivement la déchéance de son environnement. Cette décrépitude semble se manifester dans son propre être lorsque, à Foutourama ( France ?) où il poursuit ses études, il brise le lien avec ses ancêtres en consommant la viande de poulet, interdite aux initiés. Revenu chez lui pour suivre un traitement approprié afin de renouer le cordon ainsi brisé, la milice du dictateur l’arrête depuis l’aéroport. Condamné à mort au cours d’un procès expéditif, un coup d’état le sauvera de justesse. A partir de ce moment, le rêve de reconstruire le pays démembré resurgit grâce aux souvenirs des sages paroles de Ma-kandu, inspirées des croyances ancestrales.

La même verve iconoclaste resurgit avec Les matitis, roman paru la même année. Le terme « matitis » désigne l’habitat non planifié, au cœur (et surtout autour) des grandes villes africaines comme Libreville. Ainsi, dans un style spontané et sincère qui épouse bien son âge, le jeune lycéen, de 19 ans, Hubert Freddy Ndong Mbeng, peint avec une rare fidélité, le tableau de la pauvreté et de la misère qui rongent une bonne partie des populations de Libreville. A la manière de l’écrivain réaliste du XIXème siècle, Honoré de Balzac, Ndong Mbeng exprime « la comédie humaine » de son milieu d’origine, broyé par la pauvreté et la misère. Son coup d’essai a été un coup de maître au niveau de l’écriture et de la structure de son roman. Ce qui a fait dire au critique africain Makhily Gashama que Les matitis est un « roman d’une grande originalité dans son écriture et son architecture » . Cependant, treize années après ce coup de maître, les lecteurs attendent toujours le deuxième roman de cet écrivain aujourd’hui âgé de trente quatre ans. Espérons que ce silence ne sera pas définitif.

A la suite des deux écrivains, d’autres vont également faire preuve d’un engagement politique assez visible. Maurice Okoumba Nkoghé dans La courbe du soleil, Chantal Mbazoo dans Fam !, Armel Nguimbi Bissielo dans Le bourbier et Georges Bouchard dans Le jeune officier. Tous vont à des degrés divers, dénoncer le pouvoir politique. Certains comme Maurice Okoumba Nkoghé et Auguste Moussirou Mouyama peignent des héros intellectuels confrontés au pouvoir. En réalité, depuis la conférence nationale, l’intellectuel occupe une place sans cesse grandissante dans le roman gabonais. Souvent, l’auteur laisse à son principal personnage, le soin d’instruire un procès du colonialisme et du néocolonialisme comme c’est le cas d’Ytsia-Moon, de Goye, de Moukagni et du jeune officier. Tous ces principaux personnages apparaissent, à des degrés divers, comme des rénovateurs. Ils demeurent incorruptibles et disposent d’un franc parler et d’une intelligence qui dégagent leur volonté incompressible de lutter avec ardeur contre les injustices et les inconduites de leurs patries. Une bonne partie de ces romans s’inspirent des événements ayant accompagné le retour du multipartisme politique au Gabon en 1990. Parole de vivant et La courbe du soleil par exemple, relatent les péripéties, de l’apogée au déclin, d’une dictature africaine. Les auteurs réalisent dans ces textes, une tactique « sécuritaire » . On y rencontre des personnalités politiques très en vue : un ancien Ministre des Finances devenu conseiller, un ancien opposant devenu une des plus fortes personnalités politiques du pouvoir au moment où l’on murmure trop sur le choix du dauphin du chef de l’Etat gabonais.
Tous ces personnages qui « se mêlent de ce qui ne les regarde pas » sont des intellectuels au sens sartrien du terme.

Enfin, on ne peut passer sous silence le fait que les romans de cette période ont adopté un style réaliste comme ceux de la première génération. Nous pensons que la persistance du réalisme trouve son origine dans le caractère autobiographique de ces romans. En effet, les œuvres de cette époque tout en abordant la satire politique des nouveaux maîtres, relatent les expériences personnelles de leurs auteurs. En gros, ce sont des parts entières de leurs vies ou de celles de leurs proches qui y sont romancées. Le père de Justine Mintsa était bel et bien instituteur de formation, son mari a été le premier Recteur de l’Université de Masuku, elle-même a été professeur d’anglais et épouse du Recteur de l’Université de Masuku. Armel Nguimbi Bissielo a été comme l’oncle du principal personnage de son roman Moukagni, professeur de français à Oyem, ville située au nord du Gabon. Et Yémoville, espace urbain de son roman se trouve au nord d’un pays de l’Afrique équatoriale, tout comme la ville d’Oyem au nord du Gabon. Et la route qui lie Oyem à Libreville était impraticable l’année de la publication de ce roman, à cause des multiples bourbiers qu’on y rencontrait. Moussirou Mouyama, comme Ytsia-Moon fut vraiment étudiant en France ( Foutourama ?). En 1992, Hubert Freddy Ndong Mbeng vivait à « Derrière la Prison », un des multiples « matitis » de Libreville. En outre, dans certains romans comme par exemple, Parole de vivant ou Le chemin de la Mémoire, le retour à la tradition dévoile un projet de renouveau. En effet, ce retour entraîne le réajustement des vues des personnages sur les rapports entre la tradition et le modernisme. L'accent se trouve mis tout particulièrement sur la tradition qu'il s'agit d'insérer dans un processus de modernisation; car, toute rupture avec la tradition compromettrait l'entreprise de modernisation envisagée. Le retour à une tradition renouvelée laisse se profiler le mythe de l'homme nouveau et de la cité nouvelle. La thèse du retour à la tradition suppose, comme l'affirme le critique africain Mohamadou Kane dans Roman africain et tradition ( NEA, 1982, page 474 ), «la réévaluation de cette dernière et ensuite son renouvellement.» Pourtant si ce renouvellement et cette veine réaliste sont nettement dominants dans le roman gabonais de 1971 à nos jours, on constate aussi depuis 1999, avec 53 cm, des romans originaux qui ouvrent les pistes nouvelles pour les chercheurs.


II2 - Une nouvelle écriture depuis 1999


Au roman réaliste ou ethnographique d’avant et d’après la conférence nationale, a succédé dès 1999, avec la publication de 53cm, une écriture romanesque nouvelle. Ce renouvellement de l’écriture s’observe au niveau d’un espace, d’un temps, des personnages en pleine transformation. Tous les chemins mènent à l’autre s’échelonne sur une durée indéchiffrable, étant donné que le héros narrateur, se réveillant de son coma, a perdu tous les repères temporels et spatiaux. On remarquera une certaine transformation au niveau de la structure du récit, surtout chez Bessora, dans 53cm où l’on découvre un récit fragmenté en de multiples petites histoires, chacune portant un titre. Le temps y est également fragmenté et recomposé par l’écrivain-démiurge. La reconnaissance de la production de cette jeune romancière est rendue possible grâce aux thèmes qu'elle explore et à l'originalité de son écriture. En effet, BESSORA sait choisir les mots justes pour véhiculer ce qui paraît une révolte cocasse et subversive. Au niveau donc de son écriture, plusieurs signes font ressortir sa révolte ou cette démarcation romanesque. Comme Calixte Béyala, elle nomme chaque chose par son nom, et elle va plus loin en insérant des formes "personnelles" grammaticalement révolutionnaires, à l'exemple du mot "analphabète" qu'elle écrit à chaque fois "anal-fa-bête". Par ce langage, on découvre en Bessora, une jeune écrivaine audacieuse, qui cherche à imposer dans l'univers romanesque gabonais, voire francophone, une nouvelle écriture. Dans ses quatre romans, 53 cm publié en 1999, Tâches d'encre en 2000, Deux bébés et l'addition paru en 2001 avant Pétroléum en 2004, nous retrouvons une écriture sous-tension. Le ton est incisif et révolté. Les mots sont durs. Ce sont ceux de la révolte et de la quête identitaire. La narratrice à la première personne ne sait plus où elle est ni où elle va. L'entre-deux administratif et génétique, doublé du rejet, apparaît ici à travers le langage familier, à l'image de "cat' d'identité" pour "carte d'identité". Le choix délibéré de ce registre donne au contenu une apparence d'authenticité. Le ton adopté plonge le lecteur dans le quotidien d'une jeune femme en révolte devant la situation des immigrés en France. Sa parole est brute, entière et vraie. Son discours dit son malaise et sa haine contre son quotidien. Son mal d'être est rendu par des mots acerbes. Le style rend compte de la souffrance qu'il y a à se sentir étranger. Quant à l’espace, les romans de la première et de la deuxième générations manifestent un resserrement spatial qui renvoie soit à un village dans Histoire d’un enfant trouvé de Robert Zotoumbat, Biboubouah de Ferdinand Allogho Oké, ainsi que la trilogie romanesque de Jean Divassa Nyama, Oncle Ma, Vocation de Dignité et Bruit de l’héritage, soit à un espace urbain dans les œuvres d’Okoumba Nkoghé, Angèle Rawiri, Janis Otsiémi, Chantal Magalie Mbazoo, Justine Mintsa et Hubert Freddy Ndong Mbeng. Cette topologie réaliste dégage un fort lien de similitude avec l’espace réel villageois ou urbain gabonais. Par ailleurs, d’autres romans de la même période nous ont habitué à une géographie mythique ou symbolique comme c’est le cas de la montagne dans Au bout du silence de Laurent Owondo, Parole de vivant d’Auguste Moussirou Mouyama et La mouche et la glu, ainsi que Le chemin de la Mémoire de Maurice Okoumba Nkoghé. Or, les romans de ces cinq dernières années offrent souvent aux lecteurs un espace ouvert à l’universel. L’espace français est par exemple omniprésent dans les romans de Bessora, 53 cm, Deux bébés et l’addition, Taches d’encre, de Mathieu Angoué Ndong, Par delà des siècles, des siècles(1999) et Résidence Karabonella(2000) et de Sylvie Ntsame, La fille du Komo (2004) et Malédiction (2005). Cette génération métisse pour reprendre le titre du photographe sénégalais Amadou Gaye ( Editions Syros) ou de la migritude (Notre Librairie n° 155-156) pour parler comme Jacques Chevrier, renouvelle totalement la problématique des aînés et trouve son inspiration dans un univers et un imaginaire qui ne sont plus exclusivement gabonais. Leurs préoccupations n’ont plus rien à voir avec celles de leurs confrères et compatriotes vivant au Gabon, d’où la rupture constatée au niveau des techniques narratives et de la thématique chez des écrivains comme Bessora, Jean-Mathieu Angoué Ndong et Sylvie Ntsame.

Le changement s’observe aussi dans la manière de raconter, déroutante pour plus d’un lecteur non averti. Cela est visible dans Tous les chemins mènent à l’autre de Janis Otsiemy et Sidonie de Chantal Magalie Mbazoo Kassa, deux romanciers que le public retrouve sous le jour de l’absurdité. Leurs romans s’opposent à ceux de leurs confrères et compatriotes aînés. A l’opposé de leurs aînés, Janis Otsiémi et Magalie Kassa cherchent à souligner l’absence de structures et le caractère essentiellement informe de l’univers qu’ils mettent en place dans leurs romans. On y rencontre des principaux protagonistes vaincus par leurs propres histoires. Le critique Locha Matéso qui a tenté de définir le roman africain des années 80 marqué par l’absurde, a parlé des « épopées à l’envers » dont les principaux personnages sont de véritables « anti-héros » projetés dans un environnement qu’ils ne comprennent plus. Le lecteur peut être aussi frappé par la violence contenue dans ces textes et s’interroge sur sa signification. On y décèle aussi la confusion dans les valeurs ou l’absurdité d’un univers désarticulé. Toutefois, l’originalité de ces ouvrages provient sans nul doute de leur caractère universel. En effet, leurs récits se laissent découvrir à travers les intrigues paranormales et fantastiques qu’on y rencontre, surtout chez Chantal Magalie Mbazoo et Bessora qui nous offrent dans Sidonie, une écriture à code. Cette écriture fait fonctionner le récit comme un univers labyrinthique où les personnages subissent à leur insu une véritable filature. Même si les actions se déroulent à Libreville ou à Port-Gentil, elles pourraient aussi bien se situer à Abidjan, Paris, Pékin,…avec la même implacable vraisemblance, la même force. Ces romans à cheval entre le roman policier et le roman fantastique sont à notre sens, une des grandes réalisations romanesques gabonaises de ces cinq dernières années.


En définitive et en terme de quantité, Maurice Okoumba Nkoghé est le romancier gabonais le plus prolixe avec cinq publications, suivi de Bessora, auteur de quatre romans, ensuite Jean Divassa Nyama et Angèle Rawiri ont chacun trois œuvres romanesques. Séraphin Ndaot, Justine Mintsa, Jean-Mathieu Angoué Ndong, Chantal Magalie Mbazoo et Sylvie Ntsame ont publié chacun deux romans. Enfin, les treize romanciers restants ( R. Zotoumbat, F. Allogho Oké, L. Owondo, L. Mbou Yembi, J. Otembé Nguéma, G. Bouchard, A. Moussirou Mouyama, H.F. Ndong Mbeng, J. Otsiémi, A. Nguimbi Bissiélo, H. Ndong Mba, H. Ona Ndong et J.J.Ngomo) ont chacun un seul roman. Ce qui montre que la carrière de la majorité des romanciers gabonais s'arrête dès le premier roman. Par ailleurs, au niveau de la qualité, nous avons noté que beaucoup de romanciers accordent plus d'importance à l’idéologie au détriment des techniques narratives. Cependant, les prix attribués à Au bout du silence ( Prix Senghor ), à Tâches d'encre ( Prix Fénéon ), à Tous les chemins mènent à l'autre ( Prix du premier roman ) et à Matinées sombres ( Prix du premier roman ) montrent que quelques romans gabonais sont d'une impressionnante qualité. Au plan du rythme de production individuelle, on peut espérer avec la nouvelle génération : Sylvie Ntsame, Bessora et Chantal Magali Mbazoo. La première, de 2004 à 2005, a publié deux romans, la deuxième, de 1999 à 2005, quatre romans et la troisième en a fait paraître deux, de 2001 à 2005, soit un roman par an pour la première et un peu moins d'un roman par an pour les deux autres. Elles sont suivies par Jean Divassa Nyama, auteur de trois romans de 1991 à 2005, soit environ un roman tous les quatre ans. Ensuite arrivent Maurice Okoumba Nkoghé et Justine Mintsa, avec respectivement cinq romans de 1982 à 2005 et deux publications de 1994 à 2005, soit un roman tous les cinq ans. Enfin, Angèle Rawiri a réalisé de 1980 à 2005, trois romans, soit une publication tous les huit ans. On constate donc que la relève est bien assurée.

Les trois premiers romanciers, dans le rythme de production, appartiennent à la nouvelle génération. Il s’agit de trois femmes, Bessora, Chantal Magalie Mbazoo et Sylvie Ntsame. C’est là un des arguments qui nous ont poussé dans une interview réalisée par Pascaline Mouango du Magazine Amina ( n° 396-avril 2003, édition gabonaise) que « l’avenir de la littérature gabonaise est féminin ». Toutefois, pour que cette relève puisse hisser le Gabon au niveau des autres pays de la sous-région, il est souhaitable que le gouvernement accorde des subventions aux maisons d'édition gabonaises comme La maison Gabonaise du Livre, Les éditions du silence, Ndzé et Raponda Walker, et aux associations comme l'Union des Ecrivains Gabonais ( UDEG ) et l'Union Gabonaise des Enseignants pour la Culture Francophone ( UGECF ) qui font la promotion de la littérature gabonaise à travers des conférences, caravanes et concours littéraires à l’exemple du "Concours du premier roman" organisé depuis cinq ans par l’UGECF. Par ailleurs, le roman gabonais semble à la remorque du roman africain. Cela se remarque aux niveaux thématique et de l’écriture avec l’apparition tardive d’une part, de la satire des nouveaux maîtres dans le roman gabonais à partir de 1990, pourtant thème de prédilection des romanciers africains depuis 1968, et d’autre part, du renouvellement de l’écriture, visible seulement depuis 1985 mais surtout à partir de 1999, alors que ce renouveau date dans les autres romans africains, comme les soleils des indépendances d’Ahmadou Kourouma, depuis 1970. Cependant, depuis 1999, avec le renouvellement de son écriture et de ses thèmes, le roman gabonais à l’image des œuvres romanesques de l’espace francophone apparaît avant-gardiste en ce qu’il expérimente d’autres possibilités narratives. Son originalité réside dans sa "gabonité" ouverte à l’universel. En gros, le roman gabonais de ces dernières années, c’est le roman de demain où l’auteur n’appartiendra plus à un pays géographique, mais plutôt au pays de l’écriture et de l’Homme!





Eléments de bibliographie


1- Romans
Allogho Oké ( Ferdinand ), Biboubouah, chroniques équatoriales, Paris, l'Harmattan, Coll. "Encres Noires", 1985, 157 pages
Angoué Ndong ( Mathieu ),
- Par delà des siècles, des siècles, Paris, Ed. Athos, 1999, 332 pages
- Résidence Karabonella, Beignon ( Frannce ), Ed. Les Affolettes, 2000, 283 pages
Bessora
- 53cm, Paris, Serpent à Plumes, 1999, 193 pages
- Tâches d'encre, Paris, Serpent à Plumes, 2001
- Deux bébés et l'addition, Paris, Serpent à Plumes, 2002
- Pétroléum, Paris, Serpent à Plumes, 2005
Bouchard ( Georges ), Le jeune officier, Libreville, MPG, 1998, 182 pages
DIVASSA NYAMA ( Jean )
- Oncle Ma, Paris, La pensée universelle, 1988, 160 pages
- La vocation de Dignité, Libreville, Ed. Ndzé, 1997, 219 pages
- Bruit de l'héritage, Libreville, Ed. Ndzé, 2001, 289 pages
Mbazo'o Kassa ( Chantal Magalie )
- Sidonie, Libreville, Ed. Alpha-Oméga, 2001, 126 pages
- FAM!, Libreville, La Maison Gabonaise du Livre, 2003, 174 pages
Mintsa ( Justine ),
- Un seul tournant Makosu, Paris, La pensée Universelle, 1994, 190 pages
- Histoire d'Awu, Paris, Gallimard, 2000, 120 pages
Moussirou Mouyama ( Auguste ), Parole de Vivant, Paris, l'Harmattan, Coll. "Encres Noires", 1992, 119 pages
Ndaot ( Séraphin ),
- Le procès d'un Prix Nobel ou le médecin du fleuve, Paris, La Pensée Universelle, 1983, 285 pages
- Le Dissident, Paris, Silex, 1986, 170 pages
Ndong Mba ( Hervé ), Jardins intimes, Libreville, Raponda Walker, 2001
Ndong Mbeng ( Hubert Fréddy ), Les matitis, Saint-Maur, Ed. Sépia, 1992, 128 pages
Nguimbi Bissielou ( Armel ), Le bourbier, Paris, Ed. Desbress, 1995
Ntsame (Sylvie),
- La fille du Komo, Paris, l’Harmattan, 2004
- Malédiction, Paris, l’Harmattan, 2005
Ona Ndong ( Hervé ), Matinées sombres, Libreville, Raponda Walker, 2003
Okoumba Nkoghé,
- Siana, aube éternelle, Paris, Ed. Arcam, 1982, 110 pages, rééd. Silex, 1986
- La mouche et la glu, Paris, Présence Africaine, 1984
- Adia : la honte progressive, Paris, Akpagnon, 1985, 140 pages
- La courbe du soleil, Libreville, Les éditions Udégiennes, 1993, 283 pages
- Le chemin de la Mémoire, Paris, l'Harmattan, 1998
Otsiemi ( Janis ), Tous les chemins mènent à l'autre, Libreville, Raponda Walker, 2001
Owondo ( Laurent ), Au bout du silence, Paris, Hatier, 1985

Rawiri ( Angèle ),
- Elonga, Paris, Editaf, 1980, 262 pages
- G'amèrakano : au carrefour, Paris, ABC, 1983, 197 PAGES, Rééd. Silex, 1988, 200 pages
- Fureurs et cris de femme, Paris, l'Harmattan, Coll. "Encres Noires", 1989, 174 pages
Zotoumbat, Histoire d'un enfant trouvé, Yaoundé, Clé, 1971, 58 page.


2 – Ouvrages critiques, Thèses, Revues et Conférences.

Amina (Magazine), numéro 396-avril 2003, Edition gabonaise
Barthes ( Roland), Les nouveaux essais critiques, Paris, Seuils, 1953
Chevrier(Jacques), Littérature nègre, Editions Armand Colin, 1974
Gahungu (Patrice),
- La poétique du soleil dans La mouche et la glu de Maurice Okoumba Nkoghé, Libreville, Maison Gabonaise du Livre, 2003
- La rhétorique du corps dans Fureurs et cris de femme d’Angèle Rawiri, Lecture sémio-rhétorique, Libreville, Maison Gabonaise du Livre, 2003
Garnier ( Xavier), La magie dans le roman africain, Paris, PUF, 1999
Godard (R), Pour une lecture du roman Au bout du silence, Maison Rhodanienne de poésie, 1998
Mateso (Locha), La critique des critiques, Paris, Editions Karthala, 1985.


January 25, 2006 | 6:51 AM Comments  {num} comments

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