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L’immigration en question dans "Et Dieu seul sait comment je dors" d’ Alain MABANCKOU

Par:Désire-Clitandre DZONTEU,Valérie ChimèneZOULA ,Dieu-donné KOUMOU-GNAMA et Gilles MOUNDOUGA, 3 ème Année Littératures Africaines.


PLAN


INTRODUCTION



I- POURQUOI L’IMMIGRATION ?

1°) La quête du mieux-être
2°) La quête de l’exutoire
3°) La quête de la personnalité

II- QUE DIRE DE L’IMMIGRATION ?

1°) L’immigration comme avatar
2°) L’immigration comme perte de repères
3°) L’immigration comme échec

III- QUE FAIRE DE L’IMMIGRATION ?

1°) La Prise de conscience
2°) La création de conditions optimales de vie
3°) Le retour aux sources

Conclusion



En remontant dans l’histoire, on remarquera que l’immigration constitue un temps fort dans l’existence des peuples. Elle se traduit par le déplacement d’un ou de plusieurs individu(s) du pays d’origine vers un autre pour s’y installer.
Phénomène crucial des temps modernes, l’immigration gagne en amplitude au point même d’intégrer le domaine littéraire. Dans les années 60, le thème de l’immigration se lisait déjà dans certaines productions littéraires dont Chemin d’Europe du Camerounais Ferdinand OYONO, Un nègre à Paris de l’Ivoirien Bernard DADIE pour ne citer que ces deux cas. Il s’en est suivie avec les écrivains dits de la migritude une intense activité littéraire autour de ce thème que l’on retrouve dans Nègre de paille de Yodi Karone, Prisonnier du regard de Lamine Diakhaté, Les honneurs perdus de Calixte Béyala, Place des fêtes de Sami Tchak, Et Dieu seul sait comment je dors d’Alain Mabanckou, etc.
Dans la dernière œuvre citée, le thème de l’immigration occupe et éclabousse presque la totalité de la diégèse. De cette forte représentation de l’immigration se dégage un questionnement ternaire qui s’articule de la manière suivante : pourquoi l’immigration, que dire de l’immigration, et que faire contre l’immigration ?



°) POURQUOI L’IMMIGRATION ?


Pour beaucoup d’Africains, l’immigration représente le fait par excellence de la réussite. Le quotidien très difficile au pays natal occasionne l’obsession de l’ailleurs et du départ. C’est ainsi qu’en essayant de fuir un lourd passé, les sujets africains vont à la quête d’un mieux-être et d’une certaine personnalité, qu’ils croient trouver dans une société d’accueil.


1°)- La quête du mieux-être


A la lecture du texte d’Alain Mabanckou, il ressort que l’immigré est généralement un être ayant vécu dans la précarité matérielle, affective et même spirituelle. Confronté à tous ces maux qui se présentent de manière récurrente à lui, le protagoniste décide de quitter sa région natale afin d’aller rechercher les meilleures conditions de vie.
Ainsi on remarquera que le prêtre Moupélo était « cet homme venu de la Guyane » p.228, qui a fui sa localité natale pour aller prêcher à Vieux-habitants. Car l’auditoire et la notoriété qui lui manquaient à la Guyane, il les a facilement acquis sur sa terre d’accueil. Il dit d’ailleurs, comme pour justifier son immigration, «nul n’est prophète en son pays ».p.28
Makabana quant à lui revient de l’Afrique et a séjourné en France. Incapable de s’adapter à la terre hexagonale, il profitera d’une visite touristique aux Antilles pour prendre la tangente. Il avait retrouver quelque chose qui lui donnait le goût de vivre. Il s’exprime ainsi à la page 86 : « Vous ne pouvez imaginez combien je me sens ici comme chez moi. » Outre ces deux personnages, le Syrien et le personnage de Cornelius Molasso sont deux êtres venus quêter fortune aux Antilles.
En outre Auguste Victor et Mouloki étaient eux aussi à la quête d’un mieux être en dépit de l’inhospitalité de la ville d’accueil à leur égard. N’étant pas parvenus à s’intégrer dans leurs villes natales respectives, ils ont pensé qu’à Vieux-Habitants, leurs aspects physiques ne constitueraient pas un obstacle à leur intégration sociale.
A partir de ce qui précède, le désir d’immigration est animé par une quête hardie d’ un mieux-être qui ne se retrouve pas chez soi. Car, c’est à l’issue d’un découragement que ces héros décident de quitter leurs terres natales pour d’autres horizons plus prometteurs.
Mais au delà de toutes proportions, l’immigration peut aussi être un exutoire.


2°) La quête d’un exutoire

Depuis l’Antiquité, les humanistes proposaient le voyage comme remède aux problèmes existentiels qui les accablaient, à savoir l’angoisse, la détresse, l’ennui, la mélancolie, etc. Aujourd’hui encore, cette pratique est de mise. En effet, à la lumière de l’œuvre d’Alain MABANCKOU, on constate que le personnage principal, Auguste-Victor quitte sa ville natale pour Vieux-Habitants, afin de faire table rase de son lourd passé et de se faire bonne conscience, car « en venant à Vieux-Habitants, il était persuadé que l’éloignement était son salut »p.41. En fait, Auguste-Victor est tourmenté par le souvenir de son triste vécu dans sa ville natale : l’hostilité de madame Ayassami consécutive à la mort de Pauline et son enfant, sa vie d’alcoolique qui le conduit au viol de Madiana sa nièce, puis la prison. Pour oublier tous ces déboires, Auguste-Victor finit par quitter définitivement sa ville natale pour aller se réfugier ailleurs. Cet ailleurs est pour lui un exutoire, un lieu de repli, un lieu d’oubli. Ainsi, l’immigration se présente comme une potion susceptible de raviver l’individu en proie au mal, à la souffrance, à l’indifférence etc. Pour Auguste-Victor, Vieux-Habitants était « l’endroit où il allait conquérir l’oubli et la tranquillité de vivre »p.221. Autrement dit, c’est en s’éloignant de sa localité, de son triste passé, qu’il peut retrouver la paix.
Du reste, cette quête de l’exutoire est en fait un prélude à la quête d’une personnalité.


3°) La quête de la personnalité

Tout homme a toujours éprouvé le besoin d’être considéré à sa juste valeur. De ce fait, l’immigration de certaines personnes dans Et Dieu seul sait comment je dors n’est pas neutre.
En effet, lorsqu’on analyse le parcours du prêtre Moupélo, on se rend à l’évidence que c’est à Vieux-Habitants qu’il acquiert une certaine personnalité, ce qui n’était pas le cas dans sa ville natale. Car « les Habissois lui vouent de l’admiration, de la vénération(…), on l’aime, on l’adule. Sans doute parce qu’il n’est pas né ici. Parce qu’il est venu d’ailleurs, de la Guyanne »p.28. Il en est de même pour le syrien, un enfant né d’un viol, mais qui, à Vieux-Habitant, est une personnalité autour de laquelle gravitent bon nombre d’Habissois, en cela qu’il est « l’influent commerçant de la localité »p.17.
En outre, il y’a Auguste-Victor qu’on peut considérer comme un personnage à la quête de la personnalité. En fait, si Auguste-Victor est en mal de personnalité, c’est parce que son image a été ternie dans sa ville natale. En effet, le passé d’Auguste-Victor semble irréversible dans la mesure où ce dernier ne fait aucun effort pour se débarrasser du poids de son passé. On remarque qu’il subit un double exil : l’exil social et l’exil intérieur. Or, pour acquérir une certaine personnalité, il faut s’ouvrir au monde et chercher les éléments susceptibles de procurer une notoriété.


II. QUE DIRE DE L’IMMIGRATION ?

1°) L’immigration comme avatar

La majorité des sujets mis immigrés en scène dans Et Dieu seul sait comment je dors présentent généralement une image négative. De ce constat, on peut en déduire que l’immigration est un avatar, c’est-à-dire un leurre. L’immigration est considérée comme un avatar en ce sens qu’elle illusionne le sujet immigré car bien souvent la terre d’accueil ne ressemble pas toujours au paradis qu’on s’imaginait.
Auguste-Victore dans Et Dieu seul sait comment je dors en a fait la triste expérience. En effet, « en venant à Vieux-Habitants il était persuadé que l’éloignement était son salut » mais, hélas, il n’y trouvera qu’inhospitalité, indifférence et rejet. En venant à Vieux-Habitants, il pensait fuir son lourd passé, mais hélas, ce dernier le suit comme son ombre et finit par le rattraper.
Hormis Auguste-Victor , il y a aussi Mouloki qui sera chassé de la ville parce qu’on le considère comme un diable.
En outre, l’itinéraire de Makabana n’est guère reluisant car, ayant quitter sa terre natale pour Vieux-Habitants dans l’espoir d’une vie meilleure, il sera désillusionné. A Vieux-Habitants, il n’a pour logement qu’une vieille cabane. Le pire c’est qu’il est contraint de vivre dans le solitude car son physique n’est pas de nature à plaire aux Habissois. Pour autant que nous puissions en juger, il apparaît dans tous les cas que l’immigration à un caractère illusionniste. L’idée selon laquelle la vie ailleurs est la meilleure n’est pas toujours avérée et pertinente. Bien au contraire, elle est un leurre, voire un avatar.


2°) L’immigration comme perte de repères


La perte des repères est l’un des maux auxquels sont confrontés les immigrés. En allant à la quête d’un mieux-être ou d’un exutoire, ceux-ci se rendent compte que la situation d’immigré rend difficile l’intégration dans une société d’accueil qui ne croit pas à la cohabitation des diverses cultures.
Dans Et Dieu seul sait comment je dors, Alain MABANCKOU nous présente un sujet africain qui immigre en Occident. En effet, Makabana, adopté par une famille blanche, la famille de Rochambaud, est victime d’une immigration involontaire qui occasionne la pertes de ses repères. Car, déjà, on lui donne le nom de ses parents adoptifs, Olivier de Rochambaud. Le pire c’est qu’il n’ avait qu’une vague idée de l’Afrique, cette Afrique qui lui était décrite par les Occidentaux avec les mots tels que « maladies, famine, pauvreté, corruption et guerres ethniques pour des raisons de pouvoir politique »p.72. Par ailleurs, son village natal lui était inconnu, car « il fut adopté à dix mois (…), il n’a aucune idée de ce village et ne pourrait le situer dans aucune carte d’Afrique »p.71. Toutefois, il apparaît que c’est en revenant en Afrique , sa terre natale, que Makabana a pu trouver ses origines. Il s’est débarrassé du nom européen pour prendre celui de sa contrée natale. Et c’est à ce moment qu’il a pu s’affirmer dans la société des hommes, en ignorant son handicape.


3°/ L’immigration comme échec

En quittant leurs terres natales pour un ailleurs les sujets immigrés ignorent que la terre d’accueil n’est pas exempte de tares, de méfiance et de mépris. Dans
Et Dieu seul sait comment je dors , Auguste Victor quitte Capesterre pour vieux- Habitants, mais il se trouve confronté à des problèmes d’intégration. En effet, en animant à Vieux-Habitants, Auguste-Victor est automatiquement rejeté par les Habissois, car il suscite la méfiance et le mépris de par laideur physique et son accoutrement, qui rendent compte de sa situation d’immigré « toute l’attention des croyants se dirigea vers cet homme, cet étranger. Quelques rires ponctuèrent les conversations. Les maladroits montraient du doigt. Les plus prudents se contentaient de clins d’œil complices » P 51 En outre Auguste Victor fut comparé à un diable tant simplement parce que personne ne le connaissait dans la commune selon les Habissois « Auguste-Victor était un diable. Un vrai diable déguisé en être humain. Un diable d’une communauté voisine. Autrement comment expliquer que personne ne le reconnaissait ici ? On ne l’avait jamais vu, aperçu un seul jour à l’église. On ne l’avait jamais croisédans la commune » P 52 On constate donc que l’inhospitalité des Habissois est dûe au fait qu’Auguste-Victor ne soit pas l’un des leurs « personne ne lui disait bonjour (…) parce qu’il était un esprit maléfique » P52. Par ailleurs, Mouloki subit le même accueil hostile à Vieux-Habitants. En parlant de Anse Bertrand en Goudeloup, Mouloki arrive à Vieux-Habitants pour la messe du dimanche. C’était un petit homme habillé en noir que le prêtre Moupelo n’hésita pas à chasser à la demande des Habissois.
Ainsi voit on que l’immigration n’est pas une thérapie au mal existentiel elle conduit plutôt à l’échec, à la folie ou à la déchéance

III.- QUE FAIRE DE L’IMMIGRATION ?


Le contexte littéraire africain depuis les années des indépendances présente généralement un héros qui immigre parce que n’étant pas en harmonie dans son univers natal. De cette immigration, le résultat n’est pas toujours celui escompté. Car, l’échec est aussi parfois au rendez-vous et la désillusion est amère.
Dès lors, la question fondamentale reste la lutte pour l’éradication de ce phénomène qui passe absolument par la prise de conscience des candidats à l’immigration, la création de conditions optimales de vie et le retour aux sources.


1°) La prise de conscience.


Au regard de Et Dieu seul sait comment je dors, il s’ensuit qu’en dehors du prêtre Moupelo, du Syrien et de Cornélius Molasso, qui apparemment jouissent d’une certaine notoriété, fruit de leur immigration. Le reste des protagonistes de cette œuvre est voué à l’échec. L’exemple de Mouloki nous le montre clairement. « C’était ce vieil Africain qui vivait avec sa famille à Anse Bertrand, au nord de la Guadeloupe, depuis plus d’un quart de siècle… » Nous dit-on à la page 54. Malgré la durée de son séjour dans ces contrées, on constate évidemment qu’il fut diabolisé et réduit au rang de fantôme. Parce qu’il venait d’ailleurs, il n’avait aucune crédibilité aux yeux des habitants de Vieux-Habitants. A ce propos, on lit que « Mouloki n’était pas d’ici. Lui, c’était un diable… »p.55
Au regard des déboires des sujets immigrés représentés dans Et Dieu seul sait comment je dors, Alain MABANCKOU véhicule implicitement une leçon. A cet effet, on remarque que l’immigration ne résout pas nos problèmes. C’est plutôt un palliatif momentané qui en fin de compte nous renvoie à notre dure réalité. En fait L’auteur invite la jeunesse africaine fascinée par l’Occident à opérer une prise de conscience. Celle-ci passe par une introspection. C’est-à-dire une observation méthodique, par le sujet lui-même, de ses états de conscience et de sa vie intérieure. Ce n’est qu’à cette condition qu’il est possible de sublimer ses défauts ou ses tares.
Lorsqu’on s’intéresse par exemple à Auguste-Victor, on se rend compte qu’il n’est pas doté d’une psychologie particulièrement étudiée en ce sens qu’il croit oublier ses soucis en consommant de l’alcool et pense fuir son passé en changeant de ville. Or il apparaît ici que cette attitude infantilisante traduit un manque de discernement et de maturité.
A travers Auguste-Victor, c’est toute la jeunesse africaine qui est invitée à prendre conscience de leur situation et partant celle de leur continent. Car ce n’est pas par le fait de l’immigration qu’elle pourra s’affirmer et que l’Afrique se développera. Les remèdes à nos maux ne se trouvent pas ailleurs, mais c’est à chacun de travailler afin de créer de meilleurs conditions de vie.


2°) La création de conditions optimales de vie


Si l’immigration existe, c’est tout d’abord pour la recherche de meilleurs conditions de vie. Ainsi, dans la littérature africaine, on peut citer un certain nombre d’œuvres telles Kocoumbo, l’étudiant noir de l’ivoirien Aké Loba, L’aventure ambiguë de Cheichk Amidou Kane et bien d’autres dans lesquelles les héros immigrent pour aller « lier le bois au bois » Ce ci démontre alors la nécessité de vouloir créer pour soi et pour sa communauté de bonnes conditions d’existence.
A la lumière de Et Dieu seul sait comment je dors, il appert Auguste-Victor tout comme Makabana et le prêtre Moupelo sont à Vieux-Habitants parce qu’ils recherchent un univers qui leur procure une existence paisible. A cet effet, il semble qu’ « un être ne peut recouvrer la quiétude que s’il s’établit à l’endroit où il se sent le mieux. »p.64
Or, on constate à travers les déboires des protagonistes de l’œuvre que l’immigration ne peut pas efficacement répondre à ce dessein. En effet, Makabana est la risée du peuple et Auguste-Victor est cet « Homme au physique de déshérité » « qui rebute au premier abord » p.37
De ce qui précède, on voit alors l’immigration ne peut pas trouver des solutions appropriées pour la créations d’un milieu propice au développement de l’individu. Le problème reste tout entier. Car l’univers diégétique de Makabana, d’Auguste-Victor et de bien d’autres actants tel dépeint par Alain MABANCKOU illustre l’illusion que peut représenter l’immigration.
A ce niveau, l’expérience d’Auguste-Victor nous prouve que le passé qui nous rattrape devient plus pesant et dur à assumer. Ainsi, il y a ce message que livre l’écrivain et qui exhorte tout un chacun confronté aux vicissitudes de la vie, de ne pas rechercher les fausses solutions. C’est en essayant d’assumer son passé et ses déboires sur son territoire natal et en y apposant de nouvelles bases que l’âge d’or peut paraître. Il faut alors se battre pour créer de bonnes conditions de vie qui empêcheraient la fuite, l’exil.


3°) Le retour aux sources

S’il est évident que nul n’est prophète chez soi, il est également vrai que nul ne jamais mieux ailleurs que chez soi.
En effet, les situations dramatiques de Et Dieu seul sait comment je dors nous livrent un univers ambiguë dans lequel les individus n’arrivent plus à renoncer et à dire un non autoritaire lorsqu’ils accumulent échecs après échecs dans leurs aventures afin de procéder à un retour.
Malgré la situation désastreuse d’Auguste-Victor après la trahison du prêtre Moupélo, malgré le calvaire qu’il endure à Vieux-Habitants, il persiste à résider dans ce milieux hostile de toute part. Pourtant, il est bien natif de Saint-Sauveur, commune de Capesterre-Belle-eau. p.97
En outre, le personnage de Mouloki, ce vieil Africain, illustre un refus catégorique de revenir vers ses origines. Il a préféré mourir dans cette île et finir fantôme, alimentant les médisances du peuple. Même mort, on remarque que l’immigré demeure le paria, l’indifférence.
Indubitablement, la seule voie dans ces circonstance d’échec reste le retour aux sources. Un retour qui permettrait de voir et d’analyser ses véritables valeurs, les confronter à celles de l’univers d’accueil, afin de mieux construire le présent et l’avenir.
Il apparaît finalement au regard de ce qui précède que le retour aux sources consisterait à puiser dans son patrimoine, dans ses valeurs propres, pour pouvoir construire un cadre de vie aux conditions acceptables. Car en fin de compte, en acceptant de retourner vers sa terre natale, on rétablir un équilibre un naturel qui permettrait l’édification d’un avenir meilleur.


CONCLUSION


Tout compte fait, Et Dieu seul sait comment je dors est un roman qui mérite d’être lu de par la pertinence des problèmes qui y sont soulevés, des thèmes de la vie quotidienne qui sont mis en exergue. Le thème de l’immigration constitue une des préoccupations majeures de la littérature africaine. Il y est traité dans un humour corrosif et est présenté sous une forme caricaturale.
Implicitement, Alain MABANCKOU invite la jeunesse africaine à s’assumer pleinement. Car, subjugués et fascinés par l’Occident, les jeunes africains quittent leur continent sous prétexte que c’est en Occident qu’ils obtiendront le salut. Erreur ! car l’Occident ne saurait constituer une thérapie face aux maux qui les accablent.
Au regard de ce qui précède, ne faut-il pas admettre que l’Occident est un accident ?





BIBLIOGRAPHIE



Alain MABANCKOU, Et Dieu seul sait comment je dors, Paris, Présence Africaine, 2001
Ferdinand OYONO, Chemin d’Europe, Paris, Juilliard, 1960.
Bernard DADIE, Un nègre à Paris, Paris, Présence Africaine,1969.
Yodi KARONE, Nègre de Paille, Paris, Silex, 1982.
Lamine DIAKHATE, Prisonnier du regard, Abidjan, NEA, 1975.
Calixthe BEYALA, Les Honneurs perdus, Paris, Albin Michel,1996.
Sami TCHAK, Place des Fêtes, Paris, Gallimard, 2000.
Jacques CHEVRIER, Anthologie Africaine, T.I Paris, Hatier,2002.
Cheick AMIDOU KANE, L'aventure ambiguë, Paris, Julliard, 1961
Ake LOBA, Kocoumbo, l’étudiant noir, Paris, Julliard,1960
La Revue Notre Librairie, n° 155-156, juillet-décembre, 2004.








February 2, 2006 | 10:58 AM Comments  0 comments

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